Tabac : voici les cigarettes dont le prix va augmenter ou baisser ce 1er mai

Le gouvernement français cible les fumeurs pour aider à rembourser sa montagne de dettes. Une nouvelle hausse des prix du tabac à partir d’octobre devrait apporter au gouvernement surendetté un milliard d’euros de revenus supplémentaires.

Dans un pays célèbre pour son attitude de laisser-faire vis-à-vis des interdictions de fumer, le gouvernement français frappe désormais les fumeurs là où ça fait mal : leur portefeuille.

A partir du 1er octobre, les fumeurs français ont commencé à payer 6,5% à 10% de plus pour le tabac. Et ce, suite à l’entrée en vigueur d’une hausse de prix impopulaire. Aucun paquet de cigarettes en France ne coûtera moins de 6,10 €, les marques haut de gamme étant à 7 €.

Il n’est pas clair si cette hausse des prix poussera finalement les fumeurs français à arrêter. Car l’interdiction totale de fumer de 2008 en France n’a pas réussi à réduire le nombre de fumeurs. Le nombre de 18 à 75 ans fumeurs a en effet augmenté de 2 points entre 2005 et 2012. Pour finalement atteindre près de 30 % de la population.

Mais la santé publique n’est pas la seule préoccupation du gouvernement du président François Hollande. La hausse des prix a également été présentée comme un moyen d’ajouter un milliard d’euros indispensable aux caisses de l’État l’année prochaine.

Le tabac n’est qu’un des rares biens de consommation qui connaîtront une hausse significative des prix. Alors que Paris tente de lutter contre sa dette de 37 milliards d’euros : la bière coûtera aux consommateurs en moyenne 15 % de plus en 2013. Ce qui rapportera 500 millions d’euros supplémentaires.

En 2011, les taxes sur les cigarettes se sont traduites par 13,8 milliards d’euros de recettes.

Tabac et la hausse des prix : personne n’est content

Cependant, ni les vendeurs de tabac ni les militants anti-tabac ne sont satisfaits de la nouvelle mesure. Mesure qui verra un paquet de cigarettes coûter environ 40 cents de plus. Les propriétaires de bureaux de tabac craignent que la hausse des prix encourage la tendance à acheter des cigarettes achetées à l’étranger.

Selon une étude de juillet 2012 de KPMG, 21,1 % des cigarettes consommées en France proviennent de l’étranger. L’étude, commandée par le géant du tabac Philip Morris, indique qu’un quart de ces cigarettes non françaises ont été achetées légalement dans des boutiques hors taxes ou dans les États européens voisins. Mais que les trois quarts étaient des produits contrefaits ou de contrebande qui échappaient à toute taxation.

A un prix moyen de 7 €, les marques de cigarettes haut de gamme seront plus chères en France que dans les pays limitrophes Espagne (4,25 €), Allemagne (5,16 €), Belgique (5,05 €), Italie (4,90 €) et Luxembourg ( 4,40 €).

Cependant, un paquet de cigarettes premium au Royaume-Uni coûte environ 9,35 € (7,47 £). Soit près de 2,50 € de plus que le nouveau prix en France.

Pendant ce temps, les groupes anti-tabac français ont déclaré que 40 cents par paquet était une hausse de prix modeste. Ce qui n’encouragerait pas les fumeurs à l’écraser en grand nombre.

Yves Martinet, président de l’Alliance contre le tabac, a déclaré qu’une hausse brutale était le seul moyen de briser les habitudes des consommateurs. « Une augmentation lente et progressive, a très peu d’effet sur la consommation ». A déclaré Martinet à l’agence de presse AFP.

Selon les données de l’Institut national français de prévention et d’éducation pour la santé (INPES), Marinet a raison. La dernière baisse significative du nombre de fumeurs quotidiens en France – 27 % de moins de 2002 à 2004 – a été provoquée par une forte hausse des prix en 2003.