Russie – Ukraine : la France peut-elle se priver du gaz russe ?

La guerre entre la Russie et l’Ukraine aura désormais des conséquences directes sur l’importation du gaz russe en Europe. Ainsi que sur le portefeuille des consommateurs. Comment la France peut-elle faire face à ces répercussions économiques ?

La Russie : le premier fournisseur de gaz naturel

La Russie : le premier fournisseur de gaz naturel

Quels effets la guerre entre la Russie et l’Ukraine pourrait-elle avoir sur l’acheminement du gaz russe en France ?

En effet, cette question est sur toutes les lèvres. Alors que les Européens renforcent leurs sanctions à l’égard de la Russie. Et pour cause, en Europe, le pays est le premier fournisseur de gaz naturel.

Cependant, l’approvisionnement de gaz russe en France est moins important que dans d’autres pays européens. Selon Eurostat, en 2019, le pays présidé par Vladimir Poutine représentait moins de 20 % des importations en France. 

La sonnette d’alarme !

La sonnette d’alarme !

En effet, dans un entretien accordé à Europe 1 samedi 26 février dernier… Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie Bruno, a effectivement tiré la sonnette d’alarme.

« Les enjeux sont évidemment considérables parce que cela veut dire qu’on ne pourra plus payer les livraisons de gaz russe (…). Il ne faut pas sous-estimer les conséquences que cela aura sur l’économie européenne. » Alors, la France peut-elle alors se passer des livraisons de gaz de la Russie ?

« Pour alimenter l’Europe en gaz, soit on a des tuyaux, soit on a des terminaux de regazéification où on amène du gaz naturel liquéfié (GNL). Or ils sont tous pleins en ce moment, et on n’a pas assez de terminaux en Europe pour regazéifier le gaz liquéfié afin de remplacer les 40 % de gaz russe ». Déclare Patrick Pouyanné, le président du géant français TotalEnergies, jeudi 24 février 2022, cité par l’AFP.

Alternatives au gaz de Russie : "Rien ne pourra suffire"

Alternatives au gaz de Russie : « Rien ne pourra suffire »

Guerre Russie-Ukraine : Dimanche 27 février 2022, Sonatrach, le patron du géant public algérien des hydrocarbures, s’est dit prêt « en cas de difficultés » à fournir davantage de gaz à l’Europe rapporte l’AFP.

Une alternative appréciable mais insuffisante, selon Patrice Geoffron. En effet, le professeur d’économie à l’Université Paris-Dauphine et directeur de l’équipe Energie Climat a accordé un entretien à France Culture lundi 28 février 2022. 

« Rien ne pourra suffire », a-t-il déclaré avant d’ajouter. « Ce qu’on observe, d’ores et déjà, c’est à la fois un réseau de solidarités avec du gaz liquéfié qui arrive assez massivement des États-Unis, qui pourrait croître en provenance du Qatar et de l’Algérie. »

"Des hausses de prix ou des hausses d’impôts"

« Des hausses de prix ou des hausses d’impôts »

En fait, la France faisait déjà face à une hausse des prix du gaz et de l’électricité. Ceci avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Dans un communiqué relayé par l’AFP… Jean Castex, le Premier ministre français a donc annoncé mercredi 16 février 2022 l’extension du bouclier tarifaire sur le gaz. Ceci aux ménages vivant en copropriété ou en logement social.

Ainsi, sur les ondes de France Culture, Patrice Geoffron a estimé que la guerre entre la Russie et l’Ukraine pourrait provoquer « des hausses de prix ou des hausses d’impôts mécaniquement ». 

Et d’ajouter aussi : « On sait d’ores et déjà que pour la France, les boucliers tarifaires sur l’électricité pour l’essentiel, et également sur le gaz, a dû coûter 20 milliards d’euros au total ».