Infestation de fourmis : une ville française souffre, elles sont partout

Une ville du nord-ouest de la France souffre d’une infestation de fourmis sévère et persistante. Les habitants affirmant avoir tout essayé pour se débarrasser des insectes en vain.

Le quartier des Violettes, à Saumur (Maine-et-Loire) est aux prises avec le problème depuis cinq ans. Des riverains se sont adressés à BFMTV dans une dernière tentative pour trouver une solution.

Les fourmis sont des insectes « Tapinoma magnum », une espèce méditerranéenne notoirement difficile à éliminer. D’autant plus qu’elle n’a pas de prédateurs naturels, selon les spécialistes.

Les fourmis se sont déjà répandues sur 18 hectares de la ville de 28 000 habitants

Une habitante, Sylvie Leroy, 64 ans, raconte : « Elles sont absolument partout, dans le jardin, la cuisine, derrière le canapé, sous la douche. Tout le monde dans le quartier en a. C’est un cauchemar. Nous en avons assez !

« Mon petit-fils ne veut plus venir jouer chez moi car il a peur. Je dois lui dire qu’il ne peut plus jouer sur la pelouse… on ne peut rien faire. J’ai essayé tous les produits imaginables, même les plus toxiques. Mais elles reviennent toujours.

Un autre habitant, Jean-Yves Pineau, 69 ans, a déclaré : « On ne peut plus mettre un pied dehors sans se faire piquer, c’est inhabitable. Notre jardin en est plein ; si nous restons immobiles sur notre pelouse, les fourmis rampent partout sur nous.

«Mais pas seulement cela, elles entrent dans la maison par les plus petits trous. Prises électriques, bouches d’aération, joints, fenêtres… Quand on se lève le matin, on les retrouve dans la cuisine. C’est très écrasant.

Le retraité a déclaré qu’il dépensait beaucoup d’argent pour essayer de se débarrasser des fourmis. Dont trois ou quatre aérosols de spray anti-fourmis par semaine. Il a déclaré: «Cela signifie que nous pouvons être en paix pendant deux à trois heures, puis elles reviennent. C’est beaucoup d’argent de dépensé.

Infestation de fourmis : quelle stratégie adopter ?

Les habitants de Saumur ont désormais été avertis du problème. Loïc Bidault, conseiller municipal chargé de l’environnement, a déclaré à BFMTV que la seule stratégie utile est d’essayer de contenir les fourmis. Ainsi que d’empêcher qu’elles ne se propagent plus loin dans la commune et au-delà.

Il a déclaré: « Des spécialistes sont venus sur place et ont dit que tout ce que nous pouvions faire serait d’éviter la propagation. »

Chercheur sur les insectes et maître de conférences à l’IRBI, Jean-Luc Mercier s’est rendu sur le site en juillet 2021. En premier lieu à une demande de la Mairie.

Il dit avoir été « assez impressionné par la quantité et l’étendue des fourmis ». Par ailleurs, il précise qu’il s’agit « de loin de la plus grande colonie connue de cette espèce en France »« .

Est-ce un grand danger pour l’homme ?

Cependant, il a ajouté qu’elles ne représentent pas un danger pour la santé de l’homme. Et « contrairement à ce qui a été dit, ce ne sont pas des fourmis géantes. Elles ne mesurent pas plus de deux ou trois millimètres », a-t-il précisé.

Il a reconnu que les fourmis ont « la capacité d’occuper un espace très rapidement ». Ce qui « provoquent finalement des situations insupportables, et intolérables pour les individus infestés ».

M. Mercier a expliqué que les fourmis sont « polygames ». Ce qui signifie qu’elles ont plusieurs reines et peuvent donc créer de très nombreuses ouvrières.

Il a dit que la fourmi était une espèce méditerranéenne. Elle aurait pu être transportée dans la région par l’homme, comme dans une plante en pot ramenée en voiture. Puis finalement replantée dans le jardin.

Le chercheur a déclaré que les fourmis étaient susceptibles de rester dans la zone et de risquer de se propager. Car elles se sont « très bien acclimatées ». Il a dit qu’à moins qu’un prédateur majeur n’attaque, il n’y a « aucune raison pour qu’elles ne continuent pas à proliférer ».

Le réchauffement climatique et la hausse des températures sont également susceptibles de voir les fourmis se déplacer plus au nord de façon permanente.

Les habitants du quartier ont déclaré qu’ils auraient souhaité que les autorités locales aient agi plus tôt. Et ceci lorsqu’ils ont été informés du problème pour la première fois.

Le conseiller municipal, M. Bidault, a déclaré que les espaces publics de la ville sont « régulièrement traités » avec un tueur de fourmis. Ceci afin d’empêcher le problème de s’aggraver.

Après une réunion sur la question en avril, le conseil devrait offrir un soutien financier aux habitants les plus touchés. Pour finalement les aider à faire appel à des entreprises spécialisées dans la lutte antiparasitaire. Et ceci afin de régler définitivement le problème.