Enfant : Cette blague qui fait le buzz est problématique 

Enfant : Cette blague qui fait le buzz est problématique 

Sur le célèbre réseau social TikTok, de nombreux parents filment leurs petits avec, en fond, un son faisant croire qu’ils appellent la « police des enfants ». Lapsychologue spécialisée dans le développement de l’enfant et de l’adolescent, Myriam Bost, nous explique pourquoi cette « blague » pose problème. On fait le point !

Appel à la "police des enfants"

Appel à la « police des enfants »

Quelques sonneries, une voix synthétique et musique classique, puis un timbre masculin annonçant l’appel à la « police des enfants » . Voilà à quoi ressemble la nouvelle blague,qui prend de plus en plus d’ampleur sur TikTok. Plus communément appelée un prank, celle-ci consiste à faire croire à un enfant que l’on appelle la police s’il n’écoute pas la parole.

« #Humour », « #tropdrôle »… Si certains parents en rigolent, d’autres semblent plutôt inquiets des répercussions que cela peut avoir sur les plus petits.

Une blague problématique, voici pourquoi !

Une blague problématique, voici pourquoi !

« L’enfant n’est pas capable de s’imaginer que c’est une blague » assure la spécialiste Myriam Bost. Cet humour bien particulier peut malheureusement « conditionner le comportement futur. Tous les enfants ne vont pas réagir de la même manière mais beaucoup vont être impactés ». Affirme-t-elle ainsi.

En effet, sur le court terme, l’experte explique que les enfants risquent de ne plus croire leurs parents et d’écouter encore moins. Aussi, notre petit enfant développer du stress ou encore faire des cauchemars. Enfin, il va assimiler la police à la méchanceté. Résultat ? » une méfiance envers la justice ». Ce qui peut alors le conduire à ne pas solliciter les forces de l’ordre en cas de besoin.

Se moquer des faiblesses d’un enfant peut le marquer à vie

Se moquer des faiblesses d’un enfant peut le marquer à vie

En effet, les répercussions de cette pratique peuvent, sur le long terme, être encore plus graves. L’experte prend l’exemple d’une vidéo dans laquelle on aperçoit un petit enfant brimé car il n’a pas terminé son assiette. L’obliger à la finir peut donc influencer son rapport futur à la nourriture. Ainsi, il pourra lui déclencher des « troubles du comportement alimentaire » (TCA).

Aussi, toujours selon Myriam Bost… À l’avenir, les enfants à qui l’on fait cette blague pourront souffrir d’un manque de confiance en eux. Selon elle, cette surexposition sur le réseau social pourrait même conduire à des problèmes de harcèlement. Pour Myriam Bost , rire des faiblesses d’un enfant revient donc à lui faire comprendre que se moquer de lui est un comportement « normal ».

"Il y a une banalisation et une minimisation du vécu de l’enfant"

« Il y a une banalisation et une minimisation du vécu de l’enfant »

« Ça minimise beaucoup l’émotion que l’enfant peut vivre sur le moment ». Ajoute la spécialiste. En effet, les plus jeunes ont « des émotions très intenses », qu’ils ne retiennent jamais. À force de ces blagues qui consistent à les effrayer avec l’utilisation d’un filtre de fantôme… Le système nerveux des enfants ne parvient plus à les protéger correctement. Ils connaissent en effet plein de « petits moments traumatiques », qui peuvent avoir un impact important sur leur vie actuelle et future.

La psychologue spécialisée dans le développement de l’enfant dénonce donc toutes ces situations. « Il y a une banalisation et une minimisation du vécu de l’enfant » avance-t-elle. Celui-ci fait entièrement confiance à ses parents, qui sont là pour « le protéger et non pour l’exposer à un potentiel danger »« . Conclut-elle.

Meriem Meskouk

Créatrice et curieuse, j'ai grandi en compagnie des livres, toujours à la recherche de nouvelles expériences à mener. Aussi, je suis passionnée par la cuisine et la photographie culinaire.